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Argent sain et croissance
par JP Chevallier
Tous les économistes
américains sont d’accord : l’argent sain (sound money) est la
première condition nécessaire de la croissance du PIB et
de l’augmentation du niveau de vie.
L’argent sain a
été le premier objectif des Reaganomics car l’inflation
(sous jacente) s’était développée dans les
années 60 et 70 pour culminer à 10 % au début de
1981 et il fallait absolument y mettre fin pour que la croissance
redevienne normale, ce que fit le gouvernement Reagan en coordination
avec la Fed. Robert Rubin,
ministre de l’économie de Bill Clinton a défendu le
même principe car pour lui aussi, l’argent sain est le meilleur
moyen d’augmenter le niveau de vie de la population. En effet, les
politiques keynésiennes de distribution de subventions et
d’aides sociales ne créent pas de richesses
supplémentaires alors qu’une politique monétaire saine
permet à tout le monde de s’enrichir en travaillant.
Pour que
l’argent soit sain, il faut que les comptes des entreprises et de
l’Etat donnent une image fidèle de la réalité en
respectant les règles qui s’imposent et qu’il n’y ait pas
d’inflation, sinon de l’argent non gagné (unearned money) se
répand : une bulle prend alors naissance et éclate
finalement un jour en une crise qui est préjudiciable pour tout
le monde.
Ainsi, à la fin des
années 90, les entreprises ont publié des
bénéfices qui ne correspondaient pas à la
réalité car certaines charges n’étaient pas
comptabilisées (l’amortissement des survaleurs et les stock
options), et ce fut la bulle Internet puis la crise de 2001 et des
années suivantes.
Actuellement, des
établissements financiers enregistrent dans leurs comptes des
titres de type subprime pour lesquels la demande n’existe plus : leur
valeur réelle est donc quasiment nulle. Les pertes ($250
milliards ?) ne sont comptabilisées que pour $50 milliards.
Cette bulle éclate en une crise dont les effets ne sont pas
négligeables…
Une source importante d’argent non gagné
se développe en Europe continentale et en particulier en France
avec les engagements de retraite qui ne sont pas provisionnés.
Le rapport Pébereau les évaluait à €900 milliards
fin 2004 pour les seuls fonctionnaires, soit €4 500 milliards pour la
France entière, 3 fois le PIB !
Ainsi par exemple, à la
fin du 1° semestre 2007, la SNCF a sorti de ses comptes €116
milliards de dettes qui n’apparaissent nulle part ailleurs ! Ces €116
milliards se trouvent dans les poches des salariés de la SNCF et
circulent : c’est de l’argent non gagné. Cet argent aurait
dû être porté en provisions et non pas versé
sous forme de salaires.
Cet argent non gagné est
visible dans les agrégats monétaires de la zone euro :
dans M1 (qui représente l’argent que les Euro-zonards ont dans
leurs portefeuilles et sur leurs comptes courants), qui se monte
à €3 400 milliards, soit 43 % du PIB contre 10 % aux Etats-Unis.
Nicolas Sarkozy aurait dû rompre avec ce
passé. Il aurait fallu
réintégrer ces €116 milliards de dettes dans les comptes
de la SNCF, remettre de l’ordre dans les comptes des entreprises et des
administrations françaises et instituer des fonds de pension
comme en Irlande et ailleurs.
L’application des règles
comptables et le respect des équilibres monétaires
fondamentaux ne se négocient pas avec des syndicats ni avec des
partis d’opposition. Ils s’imposent ! La
crise qui éclatera sur cette bulle sera de très grande
ampleur. Les Français ne
connaissent rien quant à ces problèmes économiques
fondamentaux qui sont pourtant très bien analysés depuis
longtemps par les business économistes américains, ce qui
profite à tout le monde aux Etats-Unis…
D’après
une étude du Boston Consulting Group (BCG), les encours des
fonds de pension et d’autres fonds dépassaient $25 000 milliards
(fin 2006) aux Etats-Unis, ce qui permet aux Américains de
provisionner d’une façon satisfaisante leurs engagements de
retraite.
Il n’en est pas de même en
France où les fonds de pension sont interdits, contrairement
à la logique économique la plus élémentaire
!
Une remarque : les aides sociales ne
sont pas de l’argent non gagné : les impôts sont des
prélèvements effectués sur de l’argent
gagné par des personnes qui ont créé des richesses
en travaillant pour les transférer au profit d’autres personnes
qui n’ont pas créé ces richesses…
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