10-12-2007

   Welcome to Brussels' leading think-tank
     
The Web This Site

WWFA 
is a pluralistic and independent think-tank. We investigate social models and structures on their efficiency in achieving social objectives. WWFA examines with scientific methods and without prejudice whether  public policy 
is succesfull in realising prosperity, employment, solidarity and individual freedom
eric_verhulst_disclaimer

    
home
news
data-portal contact
francais English
    

  Argent sain et croissance
par JP Chevallier

JP ChevallierTous les économistes américains sont d’accord : l’argent sain (sound money) est la première condition nécessaire de la croissance du PIB et de l’augmentation du niveau de vie.

L’argent sain a été le premier objectif des Reaganomics car l’inflation (sous jacente) s’était développée dans les années 60 et 70 pour culminer à 10 % au début de 1981 et il fallait absolument y mettre fin pour que la croissance redevienne normale, ce que fit le gouvernement Reagan en coordination avec la Fed. Robert Rubin, ministre de l’économie de Bill Clinton a défendu le même principe car pour lui aussi, l’argent sain est le meilleur moyen d’augmenter le niveau de vie de la population. En effet, les politiques keynésiennes de distribution de subventions et d’aides sociales ne créent pas de richesses supplémentaires alors qu’une politique monétaire saine permet à tout le monde de s’enrichir en travaillant.

Pour que l’argent soit sain, il faut que les comptes des entreprises et de l’Etat donnent une image fidèle de la réalité en respectant les règles qui s’imposent et qu’il n’y ait pas d’inflation, sinon de l’argent non gagné (unearned money) se répand : une bulle prend alors naissance et éclate finalement un jour en une crise qui est préjudiciable pour tout le monde.

Ainsi, à la fin des années 90, les entreprises ont publié des bénéfices qui ne correspondaient pas à la réalité car certaines charges n’étaient pas comptabilisées (l’amortissement des survaleurs et les stock options), et ce fut la bulle Internet puis la crise de 2001 et des années suivantes.

Actuellement, des établissements financiers enregistrent dans leurs comptes des titres de type subprime pour lesquels la demande n’existe plus : leur valeur réelle est donc quasiment nulle. Les pertes ($250 milliards ?) ne sont comptabilisées que pour $50 milliards. Cette bulle éclate en une crise dont les effets ne sont pas négligeables…

Une source importante d’argent non gagné se développe en Europe continentale et en particulier en France avec les engagements de retraite qui ne sont pas provisionnés. Le rapport Pébereau les évaluait à €900 milliards fin 2004 pour les seuls fonctionnaires, soit €4 500 milliards pour la France entière, 3 fois le PIB !

Ainsi par exemple, à la fin du 1° semestre 2007, la SNCF a sorti de ses comptes €116 milliards de dettes qui n’apparaissent nulle part ailleurs ! Ces €116 milliards se trouvent dans les poches des salariés de la SNCF et circulent : c’est de l’argent non gagné. Cet argent aurait dû être porté en provisions et non pas versé sous forme de salaires.

Cet argent non gagné est visible dans les agrégats monétaires de la zone euro : dans M1 (qui représente l’argent que les Euro-zonards ont dans leurs portefeuilles et sur leurs comptes courants), qui se monte à €3 400 milliards, soit 43 % du PIB contre 10 % aux Etats-Unis.

Nicolas Sarkozy aurait dû rompre avec ce passé.  Il aurait fallu réintégrer ces €116 milliards de dettes dans les comptes de la SNCF, remettre de l’ordre dans les comptes des entreprises et des administrations françaises et instituer des fonds de pension comme en Irlande et ailleurs.

L’application des règles comptables et le respect des équilibres monétaires fondamentaux ne se négocient pas avec des syndicats ni avec des partis d’opposition. Ils s’imposent !  La crise qui éclatera sur cette bulle sera de très grande ampleur.  Les Français ne connaissent rien quant à ces problèmes économiques fondamentaux qui sont pourtant très bien analysés depuis longtemps par les business économistes américains, ce qui profite à tout le monde aux Etats-Unis…

D’après une étude du Boston Consulting Group (BCG), les encours des fonds de pension et d’autres fonds dépassaient $25 000 milliards (fin 2006) aux Etats-Unis, ce qui permet aux Américains de provisionner d’une façon satisfaisante leurs engagements de retraite.

Il n’en est pas de même en France où les fonds de pension sont interdits, contrairement à la logique économique la plus élémentaire !

Une remarque : les aides sociales ne sont pas de l’argent non gagné : les impôts sont des prélèvements effectués sur de l’argent gagné par des personnes qui ont créé des richesses en travaillant pour les transférer au profit d’autres personnes qui n’ont pas créé ces richesses…

par JP Chevallier